Le nectar des vacances

Géraldine DORMOY-TUNGATE, publié le , mis à jour à

Tout le monde ne va pas tarder à parler de la rentrée, mais nous ne sommes pas encore en septembre. Cette année, entre la sortie du livre et mon nouveau-job-dont-je-ne-peux-pas-encore-vous-parler, la mienne me donne le vertige.

Non, ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est la période charnière entre les vacances et la rentrée. Le fugace espace-temps entre l’instant où nous posons nos valises et celui où nous recommençons à utiliser un réveil-matin. L’angle mort des vacances, invisible si nous n’y prenons pas garde. Ce moment suspendu de retour au réel mérite pourtant toute notre attention, car, intérieurement, plein de choses se passent.

C’est le sas au sein duquel nous retrouvons nos habitudes, le cadre de vie que nous avons quitté quelques jours ou quelques semaines plus tôt. La rupture des congés nous offre une chose dont nous ne mesurons pas forcément le prix sur le moment : un regard neuf. Tout à coup, notre quotidien nous apparaît sous un nouveau jour. Des détails que nous n’avions jamais remarqués nous sautent aux yeux.

Cette année, peut-être grâce au kundalini et à la méditation, je me sens dans un état de réceptivité particulier. Des changements s’imposent à moi. Par exemple, trop d’Instagram tue Instagram : j’ai décidé de tenter une détox régulière, un jour par semaine. De même que Mark ne boit pas d’alcool le lundi, je n’ouvrirai plus l’appli le samedi.

Je ne supporte plus de voir la télévision dans notre salon. Nous allons nous en débarrasser, ce qui libérera un espace non négligeable dans notre pièce à vivre. J’éprouve le besoin de trier les photos de mon téléphone au fur et à mesure afin de pouvoir les imprimer dans la foulée.

Je suis en train de faire évoluer mes rituels du matin. Je veux trouver le temps d’écrire cette newsletter au réveil, en m’y prenant autrement. Cette semaine, j’ai commencé par jeter mes idées sur le papier, à la main. L’exercice était plus fluide.

Côté alimentaire, le mois d’août, peu stressant et riche en fruits d’été, est la période de l’année où mes compulsions me laissent plutôt tranquille. Ces derniers jours, cela m’a permis d’être davantage à l’écoute des signaux faibles de mon organisme. J’en ai tiré quelques nouveaux réflexes : arrêt du Coca Zéro -petit plaisir addictif mais qui m’empêche de dormir-, mastication plus longue, consommation des fruits en dehors des repas plutôt qu’en dessert.

La différence avec les traditionnelles bonnes résolutions tient au caractère parfois dérisoire de ces changements. Les besoins qui les motivent sont si peu audibles qu’ils peuvent être rapidement zappés si notre esprit est en mode rumination -« si seulement j’étais encore en vacances »- ou déjà tourné vers les impératifs de la rentrée -« zut, on a oublié l’achat des fournitures scolaires ».

Mais c’est justement parce que ces signaux sont faibles que je prête leur l’oreille. Ma séance de méditation journalière m’aide à y devenir réceptive. Et je me sonde sans relâche, consciente que je ne percevrai bientôt plus les choses avec la même acuité. Qu’est-ce que je ressens ? À quels plaisirs de vacances ai-je le plus de mal à renoncer ? N’y a-t-il pas un moyen de les intégrer dans ma vie de tous les jours ? Qu’est-ce que je ne supporte plus ? Qu’est-ce qu’au contraire, je suis heureuse de retrouver ? Qu’est-ce qui m’a procuré une joie ou un soulagement inattendu quand j’ai poussé la porte de chez moi ? Après une série de voyages pourtant très agréables, j’étais heureuse de retrouver l’odeur de mon salon et l’atmosphère de ma rue à l’aube, de pouvoir de nouveau me préparer mon Miam’o’fruits chaque matin et me coucher tôt chaque soir.

Gorgée du nectar de mes vacances, je profite encore quelques heures de tous les bénéfices qu’il m’apporte. Et la rentrée ne me fait plus peur.

Ce post a d’abord été envoyé sous forme de newsletter, le 23 août. J’archiverai désormais chaque texte de newsletter ici une semaine après envoi. Vous n’êtes pas encore abonné.e ? Laissez-moi votre adresse mail (sans espace) sur cette page.

Mon livre, Un cancer pas si grave, aux éditions Leduc.s, sort le 10 septembre. Vous pouvez déjà le précommander chez votre libraire, à la Fnac ou sur Amazon.

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L’auteur

Géraldine Dormoy


Café Mode a pour but de vous faire partager mon point de vue personnel sur la mode. Pas vraiment fashionista, je me considère plus comme une passionnée avide d'infos. La mode ne se limite pas aux vêtements, c'est un jeu, une discipline, une Histoire, un art de vivre. Parlons-en !

Géraldine Dormoy-Tungate, Responsable éditoriale Web de L'Express Styles
gdormoy@lexpress.fr

Illustration: Charlotte Molas

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